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LE TIBET

Le Tibet, composé des provinces de l'Amdo, Kham et U-Tsang, s'étend sur un territoire couvrant une superficie totale de 2,47 millions de kilomètres-carré et est situé au centre de l'Asie, entre l'Inde et la Chine.

L'histoire consignée du Tibet commence en l'an 127 avant notre ère, l'Etat a été unifié et a atteint son apogée impériale entre les VIIème et Xème siècles de notre ère. Les frontières sont restées fondamentalement inchangées depuis le Xème siècle jusqu'à l'invasion communiste chinoise. Le Tibet avait des relations avec tous ses voisins, y compris les Mongols, les Népalais, les Mandchous, les Chinois, les Britanniques, les Russes et les Indiens. Durant de brèves périodes de son histoire, le Tibet a été sous l'influence des Khans mongols, des rois népalais, des empereurs mandchous et des autorités britanniques de l'Inde. Le Tibet n'a jamais perdu son indépendance ni son statut étatique, pas plus qu'il n'a jamais été incorporé à aucun autre Etat, ni même à la Chine. Toute incertitude qui aurait pu exister au sujet de la nature des relations du pays avec l'empire mandchou a été levée à la chute de l'empire, en 1911, quand le XIIIème Dalaï Lama a réaffirmé publiquement la pleine indépendance du Tibet.

Le Tibet est resté un Etat indépendant jusqu'au 7 octobre 1950, date où les troupes communistes franchirent les frontières à l'est du Tibet pour "venir aider le Tibet à se développer et libérer les Tibétains de l'"oppression impérialiste". La violation de l'intégrité territoriale du Tibet a été dénoncée en tant qu'agression par presque tous les pays du monde libre, y compris les Etats-Unis. En effet, l'invasion et l'occupation du Tibet par la Chine sont une violation évidente du droit international et rien ne s'est passé depuis 1950 pour légitimer la présence chinoise au Tibet.

Les Tibétains ont signé sous la contrainte l'"Accord en 17 points" le 23 mai 1951. L'article premier de ce document en 17 points disait: "Le peuple tibétain retournera dans la grande famille de la mère-patrie: la République Populaire de Chine". Les rédacteurs chinois de ce document virent-ils dans cette phrase l'aveu implicite du statut indépendant du Tibet avant 1951 ?

En 1965, l'intégration administrative du Tibet à la Chine était achevée avec la création, le 1er septembre, de la Région Autonome du Tibet (RAT) qui couvre en gros l'U-Tsang. Cette même année, l'Amdo est devenue la province chinoise Qinghai, le Kham est incorporé dans les provinces chinoise Gansu, Yunnan et Sichuan.

LES DROITS DE L'HOMME AU TIBET

Dans cet accord, Pékin s'engageait à respecter les coutumes tibétaines, le régime social et la liberté de croyance religieuse des Tibétains. Pourtant, la République populaire de Chine viole, un à un, tous les points de cet accord, et occupe en toute impunité tout le territoire tibétain. Devant l'oppression communiste, d'une violence inouïe, le peuple tibétain se soulève contre l'envahisseur chinois. Cette révolte fut réprimée dans le sang. Quatre-vingt sept mille Tibétains furent massacrés dans le seul Tibet central, selon les sources chinoises elles-mêmes. Sa Sainteté le Dalaï Lama et cent mille de ses compatriotes sont contraints de partir pour l'exil le 17 mars 1959. On estime à un million deux cent mille le nombre de Tibétains morts des conséquences directes de l'occupation chinoise.

Pour éradiquer la religion et la culture du Tibet, la Chine a détruit de façon systématique 6254 monastère et temples: 80 % du total à l'époque des "réformes démocratiques" d'avant 1966, les 20% restant au cours de la révolution culturelle, d'après des cadres chinois.

En 1960, les conclusions du rapport de la Commission Internationale des Juristes faisaient état de génocide au Tibet et de violation de 16 articles de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.

Entre 1959 et 1965, l'Assemblée générale de Nations Unies a adopté trois résolutions pour déplorer la violation persistante des droits et libertés du peuple tibétain par la Chine et lui demander de respecter les droits fondamentaux de ce peuple, à savoir son droit à l'autodétermination.

Un Tibétain sur dix a passé entre 10 et 20 ans dans une prison ou dans un camp de travaux forcés. La plupart ont été battus et torturés. Il reste entre 3 à 4000 Tibétains, dont des centaines de moines, en prison pour activités "contre-révolutionnaires".
En dépit de tant d'années d'oppression et de tyrannie, les Tibétains ne perdent pas courage et continuent à défier l'envahisseur: de septembre 1987 à l'année 1992, on recense plus de 100 manifestations au Tibet contre l'autorité chinoise. Plus de mille Tibétains ont trouvé la mort lors de ces manifestations. Bien plus encore ont été jetés secrètement en prison....

En 1993, Asia Watch, organisation de surveillance des Droits de l'Homme en Asie, a rassemblé les preuves de 248 nouvelles arrestations rien qu'au Tibet, où la répression pro-indépendantiste "a été renforcée" et où la proportion de détenus contre-révolutionnaires par rapport aux prisonniers de droit commun est 21 fois plus élevée que la moyenne nationale...

Le contrôle des naissances est appliqué avec une rigueur impitoyable, et va jusqu'à l'avortement et la stérilisation forcés. A Chamdo, troisième ville du Tibet, des foetus ont été retrouvés dans les égouts et les poubelles de l'hôpital.

Les infractions sont découragées par une forte pression administrative sous forme d'amendes élevées (un salaire annuel), le refus de la carte de rationnement et l'exclusion de l'enseignement scolaire pour l'enfant né sans autorisation.

La langue chinoise domine la vie. L'éducation dispensé aux enfants chinois au Tibet est de loin supérieure à celle donnée aux Tibétains. 70 % des places dans l'enseignement supérieur sont réservés aux Chinois.

TRANSFERT DE POPULATION

Par le biais d'incitations officielles, la politique chinoise au Tibet y a encouragé l'implantation de 7,5 millions de Chinois, dans le but de marginaliser les 6 millions de Tibétains, de détruire le paysage tibétain traditionnel, et de menacer l'identité nationale, culturelle et religieuse distincte du peuple tibétain. Les régions essentielles du Tibet oriental et du nord-est sont déjà dominées par des Chinois de souche. Les conséquences de cet afflux massif de colons se font clairement sentir dans le centre du Tibet. Par exemple, sur les 12.227 boutiques de Lhassa (à l'exclusion du Barkhor) seules 300 sont restées propriété des Tibétains.. A Lhassa, il y a environ 100.000 civils chinois pour 50.000 Tibétains...

DEVELOPPEMENT

Le plus récent indice de développement de la population de l'UNDP pour le Tibet est de 0,087. Classé parmi d'autres nations souveraines, le Tibet prendrait place entre le Tchad et Djibouti au 153ème rang des 160 nations. (UNDP=United Nations Development Program)

Le revenu par habitant est de 80US$ en 1990 et une espérance de vie moyenne de 40 ans sont les plus bas du monde.

Le taux de mortalité infantile est de 150 pour 1000 contre 43 pour 1000 en Chine (source Ingram 1990).

MILITARISATION DU TIBET

La militarisation du plateau tibétain affecte profondément l'équilibre géopolitique de la région et induit de sérieuses tensions internationales.

La présence militaire chinoise au Tibet comprend :

-entre trois et cinq cent mille hommes;

-quatorze aérodromes militaires;

-cinq bases de missiles situés à Kongpo Nyitri, Powo Tamo, Rudok, Golmud et Nagchukha;

-au moins huit missiles balistiques intercontinentaux (ICBM);

-soixante-dix missiles à moyenne portée et vingt de portée intermédiaire.

La Chine procède à des essais nucléaires dans le Lop Nor situé dans la province du Xinjiang, au nord de la Région Autonome du Tibet.

L'ENVIRONNEMENT

Les forces d'occupation chinoises sont en train de détruire de façon irréversible l'écologie du haut plateau tibétain. De nombreux rapports prouvent que la Chine utilise le Tibet comme décharge de déchets nucléaires et toxiques.

Dans les années 80, les autorités chinoises auraient reçu de fortes sommes d'argent des gouvernements occidentaux en échange de facilités pour se débarrasser de leurs déchets. On suspecte les Chinois d'entreposer leurs déchets en différents endroits en Amdo (nord-est du Tibet) et à Nagchukha (nord du Tibet).

En 1991, Greenpeace a révélé un plan visant à importer au Tibet les résidus d'égouts de la ville de Baltimore (Etats-Unis). Ces déchets riches en métaux lourds - devaient porter la mention "engrais" et être qualifiés de "limon" pour le transport...

Le dépôt de déchets nucléaires et autres toxiques dans des sites dangereux à la surface de la terre, contamine certaines parties du Plateau tibétain et provoque d'énormes problèmes de santé aux populations humaines et animales, des malformations congénitales, la mort.

En plus de l'exploitation systématique des ressources minières, les Chinois se livrent au déboisement industriel dans l'est du Tibet. Dans certaines zones, 75% des forêts sont déjà détruites. D'après leurs propres estimations, les Chinois ont prélevé au Tibet, depuis 1959, pour 54 milliards de US$ de bois de charpente.

Comme les fleuves d'Asie et leurs affluents prennent leurs sources au Tibet, les conséquences du déboisement se font sentir en aval à travers le continent entier: érosion des sols, ravinement, envasement, inondations... En 1987-88, les crues du Brahmapoutre, qui prend sa source au Tibet, touchèrent au moins 35% au total des régions inondées en Inde.

TENZIN GYATSO, XIVème DALAI LAMA

Depuis 1959, le Dalaï Lama réside à Dharamsala, village situé dans l'Himalaya indien, d'où il dirige son gouvernement en exil et continue d'enseigner le bouddhisme.

En 1963, il a promulgué une constitution démocratique pour le Tibet, mise en oeuvre par le gouvernement tibétain en exil.

En septembre 1987, il a présenté devant des membres du Congrès américain son Plan de Paix en cinq points prévoyant de transformer le Tibet en une zone de paix (Ahimsa) internationalement reconnue par le biais de la démilitarisation, de la protection de l'environnement naturel du Tibet, et le commencement de négociations sérieuses sans condition préalable entre les représentants tibétains et chinois sur l'avenir du Tibet.

En décembre 1989, il reçoit le prix Nobel de la Paix en hommage à son combat pacifique.

Dans son discours du 10 mars 1994, le Dalaï Lama reconnaît que sa politique de non-violence à l'égard de la Chine n'a ni permis de faire progresser les négociations de façon substantielle, ni contribué à améliorer globalement la situation au Tibet. Bien au contraire, la réponse chinoise à ses propositions - pourtant très conciliantes - consiste en un accroissement de la répression, en la marginalisation du peuple tibétain dans son propre pays, et en l'anéantissement de sa culture et de sa religion. Face à ce constat d'échec, le Dalaï Lama et son peuple placent aujourd'hui leur espoir dans l'aide et le soutien international. Si cela échoue, il ne sera plus en mesure de poursuivre, l'esprit clair, cette politique et n'aura d'autre choix que de consulter son peuple sur la façon de mener à l'avenir la lutte pour la liberté.

Dernière mise à jour: 22.11.2004© 2004 Les Amis du Tibet