Ces
deux dernières années, la répression
contre les Tibétains a durement frappé la région
tibétaine de Kardzé dans le Kham (province Est
du Tibet historique). Récemment, deux Tibétains
furent condamnés à mort. Lun deux
fut exécuté sans appel et dans la précipitation,
supprimant ainsi un témoin important de laffaire
du second, un haut lama. Tenzin Delek Rinpoché et ses
défenseurs emprisonnés ont besoin de votre aide
urgente.
Lobsang
Dhondup (28 ans) et Tenzin Delek Rinpoché (52 ans)
accusés d'être les auteurs d'une série
d'explosions dans la capitale du Sichuan, Chengdu, ont été
arrêtés en Avril 2002 et condamnés à
mort 8 mois plus tard, le 2 Décembre 2002, sans preuve
ni procès équitable.
Pourtant,
à lissue de laudience publique, Tenzin
Delek clamera son innocence, sélevant contre
liniquité du procès et rejetant toutes
les accusations. Il débutera une grève de la
faim le 6 janvier. Le 18 janvier, dans une déclaration
recueillie clandestinement, il affirme être innocent,
et explique que la police chinoise sest employée
à lier son cas à celui de Lobsang Dhondup, suggérant
un amalgame politico-judiciaire. Il cesse sa grève
de la faim suite aux promesses dofficiels de Pékin
quun nouveau procès se déroulerait à
la Haute Court du Sichuan. Après sa condamnation à
mort avec un sursis de deux ans, Tenzin Delek Rinpoché
fait appel. Cet appel est rejeté à huit clos
le dimanche 26 Janvier, alors que Lobsang Dhondup, sauvagement
torturé, est exécuté le jour même,
supprimant ainsi un témoin clé pour la révision
potentielle dun procès aux zones dombre.
La santé de Tenzin Delek Rinpoché sest
gravement détériorée en raison des tortures
prolongées.
Lacharnement
des autorités contre Tenzin Delek Rinpoché est
ancien. Pourtant, Tenzin Delek Rinpoché na jamais
été impliqué dans une manifestation politique.
Il est connu comme un dirigeant spirituel non violent, engagé
dans dimportantes actions sociales (construction décoles
pour les orphelins, aides aux personnes âgées
isolées, constructions de routes et de ponts, protection
de l'environnement..). Cest lun des derniers hauts
lamas du Tibet, engagé depuis plus de 20 ans dans la
préservation de la spécificité de la
culture tibétaine. Il a séjourné en Inde
entre 82 et 87 où il fut reçu par le Dalaï
Lama. Les autorités chinoises lont arrêté
à deux reprises en 98 pour la construction de monastères.
En 2000, il reçut lordre de fermer une école.
Il dut se cacher pour ne pas être arrêté.
Les autorités ont finalement pris le prétexte
dexplosions de bombes pour condamner à mort Tenzin
Delek. Pourtant, jusquà présent, aucune
preuve na été apportée, et les
poursuites n'ont pas répondu aux normes minimales internationales.
Une semaine avant l'exécution de Lobsang Dhondup, le
gouvernement chinois assurait aux autorités européennes
et américaines une révision à longue
échéance des cas, y compris par le tribunal
suprême du peuple. Cette révision n'a pas eu
lieu.
Au
moins 3 autres personnes également accusées
dans cette affaire sont emprisonnées, et 2 autres personnes
ont disparu. Tsering Dhondrup-Jortse (74 ans), arrêté
en juin 2002, a été condamné à
5 ans de prison. En 2000 déjà, il avait rassemblé
des milliers de signatures pour une pétition contre
lemprisonnement de Tenzin Delek Rinpoché. Il
a été relâché le 11 juillet, mais
les terribles conditions demprisonnement lont
rendu aveugle, dans lincapacité de marcher, dutiliser
ses mains et de parler. Le moine Tashi Phuntsog était
hospitalisé pour tuberculose quand il a été
arrêté en avril 2002. Il a été
libéré le 28 juillet dernier. Il était
censé avoir été condamné à
7 ans de prison, ce que TIN ne peut confirmer, aucun détail
concernant les charges retenues ou la raison de sa libération
anticipée na été donné.
Une libération si rapide lors dune peine de 7
ans nest pas vraiment commune.
Deux
moines, Passang et Choetsom, ont disparu suite à leur
interrogatoire par les autorités chinoises en avril
2002 où ils furent sévèrement battus.
Une autre personne, Tabo, est détenue pour avoir apporté
des informations sur laffaire de Tenzin Delek Rinpoché
à des journalistes étrangers.
Avec
la démolition en 2001 de 2 immenses monastères
de Serthar, larrestation de plusieurs religieux éminents
de Kardzé, laffaire Tenzin Delek révèle
un génocide de la culture tibétaine dans le
Kham assimilé à la province chinoise du Sichuan.